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Chronique nantaise 1

Nantes, rue Crébillon. 2e étage.

220 m². Des portraits d’ancêtres de la famille aux encadrements craquelés dans toutes les pièces. En face de la porte d’entrée, ma chambre.

11 m². Un plafond à trois mètres de hauteur. Un bureau, un lit, des casiers pour les vêtements. Et la rue Crébillon sous le balcon.

C est la propriétaire des lieux . De longs cheveux blonds coupés droits, et une paire de lunettes noires rectangulaire lui donnent un air sévère. Mais la maman de deux adolescents est juste une commerçante débordée. Jamais elle ne cuisine. « Je n’ai absolument pas le temps. Je ne mange que des plats préparés. »

Isa, sa fille de 14 ans, et B son fils de 18 ans, ne cuisinent pas non plus. Les potes passent. Certains dorment là. D’autres repartent tard le soir.

Noblesse française

JH, mon colocataire, est un ami d’enfance de B. 23 ans, issu « de la noblesse française, comme C. » Je comprends mieux les portraits sur les murs de la maison. La décoration hors du temps. Nous sommes dans la haute. « On n’a pas beaucoup d’argent, mais on a des valeurs qu’on applique au quotidien ».

Morceaux choisis

JH me parle des dîners de chasse. « Après la partie de chasse de l’après-midi, on fait un véritable dîner dans le jardin. Souvent du chevreuil, avec du vin et du spiritueux ».

Comparaison rapide avec les soirées barbecue où tout le monde mettait « à la masse » pour acheter un peu d’alcool et de quoi fumer. Des soirées où résonnaient les djembés et l’accordéon.

JH raconte les sorties en mer et les courses de voile avec les amis. Ça résonne avec les sorties en kart à pédales sur la digue de Merlimont.

Il parle d’hôtel particulier de 280 m² en plein cœur de Nantes et de Ferrari. C’est loin des piaules d’étudiant de Boulogne-sur-Mer ou Lille et des R5, 205 et autre 106 cabossées.

Deux étages plus bas

Dans la rue, tout le monde semble beau. On est dans le quartier historique de la ville. Les façades impeccables abritent des enseignes comme Mont Blanc, Comptoir des Cotonniers, Chevignon ou Lacoste.

JH commente l’attitude des passants : « Les gens sont très BCBG à Nantes. »

Le temps d’un café en terrasse du Molière, « un café branché » du centre-ville, on perçoit une envie de paraître. Tout est dans le style vestimentaire, la démarche, l’attitude. JH sourit : « Ici, même quand ils sont sous la pluie, les gens donnent l’impression d’être heureux. » Paraître mais ne rien laisser transparaître.

Nhed