Archives quotidiennes : 29 avril 2011

Pourquoi j’aime le métier de journaliste

Devenir journaliste, je n’avais même pas osé en rêver quand j’étais adolescente. Ce n’est qu’à l’université, en première année de licence d’histoire, que j’ai commencé à y penser sérieusement.

Ecrire est vite devenu un besoin vital. Dès l’âge de 14 ans, j’écrivais. Des petites histoires policières pour mes camarades du collège. Des semblants de pièce de thèâtre au lycée. Des centaines de bribes de possibles romans par la suite.

Le journaliste répondait à cette première passion : l’écriture

La curiosité est aussi très vite devenu mon « vilain défaut ». Pas la curiosité malsaine. Plutôt celle qui te pousse à comprendre pourquoi, comment, qui, où… Gamine, je me passionnais trois jours pour la géologie, avant de passer plusieurs semaines à éplucher les travaux de Léonard de Vinci. En hiver, je passais le plus clair de mon temps devant les émissions du Commandant Cousteau, de Nicolas Hulot et les reportages d’Arte sur l’Afrique. En été, je m’intéressait aux plantes et aux insectes qui peuplaient le jardin de la maison familiale.

Le journalisme répondait à cette deuxième passion : la soif d’apprendre

Plus tard, j’ai développé le besoin de communiquer avec les autres. Je voulais savoir ce qu’ils pensaient, pourquoi ils pensaient cela. Durant mon année passée à l’Institut Sint-Luc de Tournai, en Belgique, j’ai passé beaucoup de temps à discuter avec mes camarades. Je me suis même liée d’amitié avec une adolescente qui ne cachait pas son admiration pour le nazisme. Je voulais comprendre ce qui l’avait poussé dans cette philosophie.

Le journalisme répondait à cette troisième passion : comprendre l’autre

Aujourd’hui, j’ai la chance de combiner tout ce qui m’anime depuis l’enfance et d’en vivre. Chaque jour, je vais à la rencontre de divers interlocuteurs. Chaque jour, j’apprends de nouvelles choses sur des sujets divers et variés. Chaque jour, j’écris pour être lu. Voilà pourquoi j’aime ce métier.


Censure et autocensure dans la presse française

Qu’on se le dise, la liberté de la presse est toute relative. Oui, la presse française est victime de censure.

Il ne faut pas se leurer, un journal ne vit pas grâce à ses ventes -outre quelques exemples isolés (XXI notamment). Le plus gros des recettes d’un canard, c’est la publicité. Les annonceurs sont donc les premiers censeurs.

Imaginez une minute que -ce n’est qu’un exemple- Auchan soit le plus gros annonceur d’un journal. Un matin, une hôtesse de caisse vous appelle pour dénoncer des conditions de travail difficiles. Elle propose de témoigner. Le sujet est intéressant. Sauf que, Auchan voit ça. Le risque : il décide de retirer ses pubs de votre journal. Imaginez le coup de canif dans le budget.

Autre censeur, les administrations. Surtout dans la presse locale. Tapez trop sur la mairie et elle décidera de ne plus communiquer avec vous. Incidence : vous perdez une source précieuse d’information. Non que vous fassiez la communication de la mairie. Mais dans de nombreux cas, vous avez besoin du témoignage du maire, d’un élu en charge de tel dossier, ou de tel chef de service.

Dernier censeur, le journaliste lui-même. On modère nos propos, on arrondit les angles. On ne peut pas dire qu’untel est un con, même si on le pense très fort.

Qu’en pensez vous ? Journalistes, avez-vous des exemples pour alimenter de post ?